J'étais recroquevillé tel un molusque sur mon lit. Max avait bien vu que quelque chose n'allait pas mais il savait que je ne dirais rien. Il m'avait juste déposé sur le pas de la porte un plateau avec un bol de céréales et du jus de pomme.
Je me trouvais trop con de pleurer comme ça pour rien ! enfin pour rien.........ce type est RIEN !il ne mérite même pas que je pense à lui. Mais quel con j'avais été de m'imaginer qu'il voudrait être mon ami.........je n'ai jamais eu d'amis c'est pas aujourd'hui que ça va commencer ! Je fis mes devoirs en attendant mon client. Peu avant l'heure prévue je descendis dans la rue pour l'attendre. Nous montâmes dans ma chambre et nous fîmes l'amour comme des bêtes. Car oui c'était plutôt à de l'amour bestial que ça ressemblait, rien de sensuel, baiser juste pour baiser, pas de sentiments, pas d'amour. Je me demandais ce qu' on pouvait ressentir en faisant l'amour à une personne qu'on aime......frissoner dès que cette personne nous frôle, laisser ses doigts courir sur sa peau, sourire rien qu'en la voyant, aimer la voir prendre du plaisir, entendre cette personne dire « Je t'aime » et que ça soit juste pour nous. Quel sentiment merveilleux...........Avoir des moments de complicité avec sa partenaire, voir l'amour dans ses yeux, sentir son c½ur se serrer rien qu'en entendant sa voix......... Je révais souvent de tout ça mais je savais que ce n'étais pas pour moi. Personne ne voudrait de moi, personne ne sort avec une « tantouse » comme ils disent. Et si j'avais une relation avec quelqu'un il faudrait lui annoncer que je me prostitue......qui sortirait avec un mec qui couche avec plein de monde ? Bah j'avais juste a me sortir cette idée de la tête vu comme c'était parti je ne tomberais jamais amoureux et personne ne m'aimerai jamais.........je suis un monstre aux yeux des autres, c'est ce que j'ai toujours été.
Une fois mon client parti, je me baladais un peu dans la ville, j'aimais l'ambiance d'une ville le soir quand il ne fait pas encore trop noir, je pouvais me balader tranquillement, je passais dans le parc et restais quelques minutes sur un banc à regarder des enfants jouer. Bien sur les gens me regardaient bizarrement mais je m'en foutais, ce soir j'étais triste, j'étais mal, mes bras pleuraient des larmes de sang mais j'en avais rien à faire, je continuais à laisser la lame errer sur mon bras. Une femme poussa un cri et enmena sa gamine loin de moi pour qu'elle ne voit pas ce que je faisait, mes larmes vinrent se méler à mon sang, la douleur je ne la sentais même plus.
Puis à bout de force je rentrais chez moi, passais devant mes colocataires puis parti dans ma chambre.......seul.........encore et toujours seul.